
Alain Lamassoure, né le 10 février 1944 à Pau, a été l’une des figures les plus engagées du Parlement européen pendant plus de vingt ans. Derrière cette carrière exceptionnelle se cache une vie personnelle marquée par un drame conjugal qu’il a lui-même confié publiquement : sa première femme, une amie d’enfance et mère de ses quatre enfants, l’a quitté en raison de son investissement total dans la politique.
Une révélation personnelle qui a marqué les esprits
Quand la politique brise une vie de couple
En avril 2019, à l’occasion d’un entretien accordé à la presse nationale peu avant son départ du Parlement européen, Alain Lamassoure a livré une confidence rare pour un homme politique de sa génération. Il a reconnu que sa première épouse, une amie d’enfance qu’il connaissait depuis ses dix ans et avec laquelle il avait eu quatre enfants, l’avait quitté en raison de ses engagements politiques. «Si j’avais su ce que la politique de “l’ancien monde” impliquait sur la vie personnelle, je ne l’aurais pas fait non plus», a-t-il déclaré, qualifiant cette séparation de «drame de sa vie».
Un remariage le 26 octobre 2002
Après cette rupture, Alain Lamassoure a refait sa vie. Il a épousé en secondes noces le 26 octobre 2002 Caroline Guillaudeau. Le couple, qui a porté le nom Lamassoure depuis lors, compte six enfants au total, selon les documents officiels du Conseil de l’Europe. Le curriculum vitae transmis au Conseil de l’Europe le mentionne comme «remarié, 6 enfants».
Caroline Lamassoure, une personnalité indépendante
Loin de se fondre dans l’ombre de son mari, Caroline Lamassoure a construit une carrière propre dans le domaine du développement personnel. Elle est thérapeute en EMDR (Eye Movement Desensitization & Reprocessing), life coach et experte en Feng Shui traditionnel. Elle a par ailleurs cofondé l’Agence Erradiaz, à travers laquelle elle accompagne des organisations sur des problématiques de santé mentale et d’intelligence émotionnelle au travail. Depuis 2023, elle organise avec une associée des retraites spirituelles et énergétiques baptisées «Soul Retreats», proposées deux à trois fois par an. Elle est active sur Instagram, où elle regroupe près de 6 000 abonnés autour de ses thématiques de bien-être.
Un homme politique forgé par l’Europe
Des études d’élite au service du projet européen
Né en 1944 à Pau, Alain Lamassoure est diplômé de Sciences Po Paris et de l’École nationale d’administration, promotion Turgot (1962–1968). Fils du préfet Guy Lamassoure, il entame sa carrière comme magistrat à la Cour des comptes avant de rejoindre plusieurs cabinets ministériels, dont celui du président Valéry Giscard d’Estaing.
Ministre, puis eurodéputé de passion
Il a exercé de nombreux mandats et fonctions : ancien ministre des Affaires européennes sous Édouard Balladur, puis ministre du Budget dans le gouvernement Juppé, et député européen pendant plus de vingt ans. Une première fois élu député européen en 1989, il quitte ce poste pour devenir ministre entre 1993 et 1997, d’abord aux Affaires européennes sous Balladur, puis au Budget sous Juppé. Il retrouve ensuite le Parlement européen en 1999, sans interruption jusqu’à sa retraite politique.
La Commission des budgets et les Panama Papers
Au Parlement européen, Alain Lamassoure a présidé la commission des budgets de juillet 2009 à juin 2014, puis la commission spéciale d’enquête sur les Panama Papers. Il a également participé à la rédaction de certaines dispositions du traité de Lisbonne, ce qui lui vaut une reconnaissance particulière parmi les cercles fédéralistes européens. À titre personnel, il se définissait comme «européen de passion», là où certains de ses anciens premiers ministres n’étaient, selon lui, qu’«européens de raison».
Un retrait de la scène politique, pas de la vie publique
2019 : une retraite politique choisie
C’est en 2019 qu’il prend sa retraite politique après une carrière bien remplie durant laquelle il a exercé de nombreux mandats et fonctions. Il a alors déclaré avoir «apporté au Parlement européen tout ce qu’il pouvait» et ne plus y apprendre grand-chose, estimant qu’il était temps de passer à autre chose.
Un engagement européen qui se poursuit autrement
Loin de disparaître de la sphère publique, Alain Lamassoure reste actif sur les questions mémorielles et pédagogiques liées à l’Europe. Il préside depuis 2021 l’Observatoire européen de l’enseignement de l’histoire, institué au sein du Conseil de l’Europe à Strasbourg. Il intervient régulièrement lors de conférences en France sur les thèmes de la paix, de la réconciliation et de la construction européenne, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine.
Le regret d’une vie : le poste de commissaire européen
Dans ses adieux à la vie politique active, Alain Lamassoure a également évoqué son plus grand regret professionnel : ne jamais avoir accédé au poste de commissaire européen, qu’il décrit comme «le grand échec de sa vie politique». Il a expliqué que l’obtention de ce poste nécessitait des formes d’allégeance au président de la République en exercice auxquelles il s’est toujours refusé.
