
Rima Hassan est née le 28 avril 1992 dans le camp de réfugiés palestiniens de Neirab, près d’Alep en Syrie. Elle n’avait aucune nationalité à sa naissance. Ses grands-parents paternels ont été expulsés du village palestinien d’Al-Birwa, à une dizaine de kilomètres à l’est d’Acre, lors de la Nakba en mai 1948, et se sont réfugiés à Neirab. Son grand-père maternel était un réfugié palestinien communiste, originaire de Salfit près de Naplouse. Sa grand-mère maternelle, issue d’une famille de notables syriens nommée Hananou, avait choisi de quitter ce milieu pour rejoindre son époux dans le camp.
Enfance dans le camp, arrivée en France vers l’âge de dix ans
Benjamine d’une fratrie de six enfants, Rima Hassan grandit à Neirab, le plus grand et le plus pauvre camp de réfugiés palestiniens de Syrie à l’époque. Sa mère, Nabiha, née en 1958 et décédée en 2021, est institutrice. Son père Ahmad était mécanicien de l’armée de l’air syrienne. Face à des relations parentales conflictuelles, sa mère quitte le camp peu après sa naissance et émigre en France avec ses enfants.
Rima Hassan arrive en France vers ses dix ans et s’installe à Niort avec sa mère et sa fratrie. Sa mère travaille dans des restaurants pour subvenir aux besoins de la famille. Durant sa scolarité, Rima Hassan subit des insultes racistes qui entraînent une perte progressive de l’arabe. Elle vit apatride jusqu’en 2010, année où elle obtient la nationalité française. Cette même année, elle tente de se rendre en Palestine via Tel Aviv, mais se voit empêchée d’embarquer à l’aéroport Charles-de-Gaulle. Elle obtient son baccalauréat scientifique en 2011.
Du droit d’asile à l’Observatoire des camps de réfugiés
Rima Hassan étudie le droit à Évry, Montpellier puis à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, où elle obtient un master en droit international public. Son mémoire porte sur la qualification du crime d’apartheid en Israël. Elle effectue également un séjour d’études au Liban, où elle visite plusieurs camps de réfugiés palestiniens.
Elle intègre l’Office français de protection des réfugiés et apatrides en 2016, puis rejoint la Cour nationale du droit d’asile pendant six ans jusqu’en 2023. En 2019, elle fonde l’Observatoire des camps de réfugiés, organisation non gouvernementale consacrée à l’étude et à la protection des populations vivant dans les camps dans le monde. Après l’attaque du 7 octobre 2023, elle interrompt son contrat avec la CNDA et crée le collectif Action Palestine France sur Telegram.
Première eurodéputée française d’origine palestinienne
Jean-Luc Mélenchon lui propose la septième place sur la liste LFI aux élections européennes de juin 2024. Elle est élue le 9 juin 2024, devenant la première eurodéputée française d’origine palestinienne. Elle siège à la commission des affaires étrangères du Parlement européen et à la délégation pour les relations avec la Palestine.
En octobre 2025, elle embarque sur un navire humanitaire à destination de Gaza. Des forces militaires israéliennes arraisonnent l’embarcation en eaux internationales. Elle est retenue, puis déportée vers la France, arrivant à l’aéroport d’Orly en octobre 2025. LFI dénonce cet arraisonnement comme un acte de piraterie.
Garde à vue en avril 2026, procès fixé au 7 juillet
Le 2 avril 2026, Rima Hassan se présente dans les locaux de la police judiciaire et est placée en garde à vue pour “apologie du terrorisme commise en ligne”, en raison d’un tweet publié le 26 mars 2026 sur son compte X puis supprimé, dans lequel elle faisait référence à Kōzō Okamoto, l’un des auteurs de l’attentat commis le 30 mai 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv au nom du Front populaire de libération de la Palestine, qui avait causé la mort de 26 personnes. La procédure relative à la découverte d’une petite quantité de drogue de synthèse dans son sac lors de la garde à vue est classée sans suite par le parquet de Paris, qui conclut qu’aucune infraction suffisamment caractérisée n’est établie.
Elle reçoit une convocation pour être jugée devant le tribunal correctionnel le 7 juillet 2026 du chef d’apologie du terrorisme commise en ligne. Six autres procédures la visant restent ouvertes, tandis que seize plaintes antérieures ont été classées sans suite. Son avocat Vincent Brengarth conteste la qualification retenue et dénonce des violations du secret de l’instruction intervenues pendant la garde à vue. L’infraction d’apologie du terrorisme commise en ligne est passible d’une peine pouvant atteindre sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.
