
Le soir du 22 mars 2026, place Stanislas à Nancy, Mathieu Klein remercie publiquement son mari et ses trois enfants dans son discours de victoire. C’est l’une des rares fois où le maire socialiste, réélu avec 49,68 % des voix, évoque sa vie familiale en public. Son conjoint est médecin généraliste. Son identité n’a jamais été rendue publique. Sur son propre site, Mathieu Klein indique simplement vivre avec son mari et leurs trois enfants dans le quartier de la Pépinière à Nancy. Ni prénom, ni photo, ni apparition commune : la discrétion du couple sur ce point est totale depuis le début de la carrière politique du maire.
Un mari médecin, trois enfants, une famille construite aux États-Unis
Le couple a eu recours à une gestation pour autrui dans l’Oregon, aux États-Unis, pour fonder leur famille. Cette information, mentionnée dans le programme électoral de Mathieu Klein en 2020, n’a jamais été développée davantage par les intéressés. Les prénoms et l’âge des enfants n’ont jamais été communiqués.
La vie familiale du maire est protégée avec constance depuis ses débuts politiques. Mathieu Klein n’a jamais présenté son mari lors d’une émission télévisée ou d’un événement public. Aucune photo du couple ne circule dans les médias français. Dans ses communications officielles, il mentionne sa famille comme un fait, jamais comme un sujet à développer.
Un parcours politique construit depuis la Moselle
Né le 20 janvier 1976 à Phalsbourg en Moselle, Mathieu Klein grandit à Holving, village du sud-est mosellan, avec ses deux frères dans une famille d’instituteurs. Après ses études secondaires à Sarreguemines, il arrive à Nancy en 1993 pour étudier l’histoire, puis la sociologie. À 16 ans, en 1992, il adhère au Parti socialiste dans le sillage du référendum de Maastricht.
Dès le milieu des années 1990, il milite contre l’homophobie à l’université de Nancy et fonde en 1994 l’association Homonyme, dédiée à l’égalité et à la lutte contre les discriminations. Il s’investit également au syndicat étudiant UNEF-ID. En 2000, il rejoint le cabinet de Michel Dinet, président socialiste du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, qui devient son mentor politique.
Élu conseiller départemental du canton de Nancy-Nord en 2004 avec 60,7 % des voix, il est réélu en 2011 avec 61,66 %. Après le décès de Michel Dinet en mars 2014, il prend la présidence du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle à 38 ans, premier président mosellan de l’institution, fonction qu’il occupe jusqu’en 2020.
Trois défaites avant la mairie, puis deux mandats consécutifs
Le chemin vers la mairie de Nancy passe par trois échecs face à Laurent Hénart : aux législatives en 2005 et 2007, puis aux municipales en 2014. En mars 2020, il arrive en tête au premier tour avec 37,9 %. Après une fusion avec EELV pour le second tour, il l’emporte le 28 juin 2020 avec 54,5 % des voix, devenant le premier maire socialiste de Nancy depuis 1945.
En octobre 2018, il avait refusé un poste de ministre dans le gouvernement Philippe. Cette même année, Édouard Philippe le missionnait, avec la députée Claire Pitollat, sur l’insertion professionnelle des bénéficiaires du RSA.
Aux municipales de mars 2026, il obtient 43,11 % au premier tour, devant Laurent Hénart à 33,43 % et Sarah Farghaly pour LFI à 11,43 %. Au second tour du 22 mars, il est réélu avec 49,68 % contre 39,74 % pour Hénart. Son groupe décroche 42 sièges sur 55 au conseil municipal.
Le 28 mars 2026, lors de la séance d’installation du nouveau conseil municipal, son écharpe de maire lui est remise par Stefan Lewandowski, dernier survivant des camps de concentration en Lorraine. Le geste suscite une vive émotion dans la salle. Mathieu Klein est également réélu président de la Métropole du Grand Nancy en avril 2026.
Il déclare ouvertement son homosexualité depuis ses débuts politiques, sans en faire un axe de communication. Sa formule de 2020 reste sa position constante : être maire de Nancy, pas maire gay de Nancy. Son mari, lui, n’a pas de visage public.
