
Benjamin Petrover est né le 16 juin 1980 dans une famille française dont l’histoire est directement traversée par celle du judaïsme français au vingtième siècle. Son père, le docteur Maurice Petrover, était néphrologue et figure pionnière de la dialyse rénale en France. Sa mère, rencontrée en Israël à Netanya durant l’été 1974, a fondé avec lui une famille de trois fils. Ces origines franco-israéliennes, portées par un héritage familial marqué par la Seconde Guerre mondiale, ont façonné le regard que le journaliste porte aujourd’hui sur les questions du Proche-Orient.
Un père rescapé de l’histoire, fondateur d’une association de médecins juifs
Maurice Petrover a dirigé pendant trente ans le service de néphrologie de la clinique de l’Orangerie à Paris. Élève du professeur Jean Hamburger, figure mondiale de la transplantation rénale, il s’est imposé comme l’un des pionniers de la dialyse en France à une époque où l’insuffisance rénale était une condamnation. Son père avait été arrêté à son domicile par la police de Vichy. Lui-même s’était vu refuser l’accès à certains services hospitaliers au motif qu’il était israélite.
Après sa retraite en 1998, Maurice Petrover a continué de fréquenter les cours d’hébreu, les enseignements de pensée juive, le Collège de France et l’Académie de médecine jusqu’à la fin de sa vie. Il est décédé en 2022.
Il était également cofondateur de l’Association des Médecins Israélites de France, qui réunissait jusqu’à six cents médecins lors de ses conférences mêlant médecine et enseignements de la Torah. Benjamin Petrover et ses frères ont grandi dans une maison où l’AMIF était une présence permanente, au point que leurs premiers dessins d’enfants ont été crayonnés sur des feuilles à en-tête de l’association.
Son frère David Petrover est devenu radiologue, spécialisé en imagerie rhumatologique et orthopédique, précurseur des interventions mini-invasives sous échographie à Paris.
Une formation pluridisciplinaire, des débuts en radio associative
Benjamin Petrover commence à faire de la radio en association dès l’âge de 15 ans. Il est diplômé du CELSA, de l’IFP et d’un DESS de Droit et Administration de la Communication Audiovisuelle. Ses premières expériences professionnelles le conduisent au service économique de RTL et de France Inter, à France Bleu comme intervieweur musical, puis à Radio Classique. Cette polyvalence construite avant même son installation dans un média principal lui confère une maîtrise de formats et de registres distincts.
Entre 2009 et juillet 2014, il anime Europe 1 Matin puis Europe 1 Week-end, assurant également le remplacement de Bruce Toussaint à la matinale en semaine. L’été 2013 le voit aux commandes d’Europe 1 Midi, un débat d’une heure ouvert aux auditeurs, suivi d’un journal de trente minutes. Le 13 juillet 2014, il annonce en direct sur l’antenne son départ pour se consacrer à l’écriture.
Le 16 avril 2015, il publie Ils ont tué mon disque aux éditions First, une enquête fondée sur une cinquantaine d’interviews de professionnels de la musique et de l’audiovisuel, consacrée à la révolution numérique dans l’industrie musicale. Le Sénat l’invite le 26 mai 2015 à présenter ses conclusions dans le cadre de la mission d’information sur Hadopi.
Dix ans sur i24NEWS, retour sur RTL
En 2015, Benjamin Petrover rejoint i24NEWS comme rédacteur en chef et présentateur. Entre septembre 2018 et décembre 2020, il anime Conversations avec Benjamin Petrover ainsi qu’une émission hebdomadaire de débat citoyen. À partir de janvier 2021, il présente Les Grandes Gueules Moyen-Orient, débat quotidien de géopolitique régionale adapté du format Les Grandes Gueules de RMC. Parallèlement, il intervient régulièrement sur BFMTV pour commenter l’actualité internationale, notamment lors de la pandémie de Covid-19 et après l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël.
Au printemps 2025, après dix ans sur la chaîne, il quitte i24NEWS. À l’été 2025, il rejoint RTL, où il présente les journaux de 13h et 18h en fin de semaine et le week-end. Ce retour en radio généraliste nationale referme une boucle ouverte en 2009.
Ses origines familiales, la trajectoire de son père sous l’Occupation, l’été israélien où ses parents se sont rencontrés : Benjamin Petrover n’en fait pas un étendard, mais ces éléments sont présents dans chacun de ses choix éditoriaux, du Proche-Orient à la culture, du fait divers à l’économie.
