Bally Bagayoko, deuxième d’une famille de sept enfants d’origine malienne : ce que l’on sait de sa famille et de son parcours

Bally Bagayoko, Maire de Saint-Denis

Marié et père de quatre enfants, Bally Bagayoko ne livre aucun détail sur sa vie familiale. Son épouse n’a jamais été identifiée publiquement. Dans un entretien, il a confié avec humour qu’elle l’avait toujours connu militant, soulignant son rôle dans l’équilibre entre ses engagements multiples. Au-delà de cette confidence, aucune source d’autorité ne documente son nom, sa profession ni aucun autre détail. Né le 31 juillet 1973 à Levallois-Perret, élu maire de Saint-Denis le 15 mars 2026 dès le premier tour avec 50,77 % des voix, il est à 52 ans le premier maire de La France insoumise à la tête d’une ville de plus de 100 000 habitants en France.

Une famille malienne de sept enfants, installée à Saint-Denis dès 1975

Bally Bagayoko est le deuxième d’une fratrie de sept enfants. Son père était ouvrier dans l’automobile, sa mère était au foyer. Ses parents sont originaires du village de Gouni, dans la région de Koulikoro, sur la rive droite du fleuve Niger, au nord-ouest de Bamako. Ils s’installent en France avant la naissance de Bally, puis quittent Levallois-Perret pour Saint-Denis quand il a deux ans. La famille s’établit dans la cité Gaston-Dourdin, dans le quartier Delaunay-Belleville.

C’est ainsi qu’il grandit à Saint-Denis, dans les logements sociaux d’une ville qu’il définit comme sienne. À 15 ans, il travaille comme vendeur sur le marché du centre-ville. Scolarisé au lycée Paul-Éluard, il poursuit ensuite des études supérieures à l’Université Paris 8, où il obtient une maîtrise de Sciences et Techniques de la connaissance des banlieues, complétée par une formation en géopolitique. Il est aujourd’hui cadre à la RATP, poste qu’il occupe depuis plusieurs années en parallèle de ses mandats électifs.

Son nom de famille, Bagayoko, renvoie à une grande famille appartenant à la caste des forgerons au Mali, groupe social historiquement lié à la noblesse et reconnu pour son rôle dans la vie collective. Dans une interview de mars 2026, il a évoqué un oncle ayant exercé des responsabilités de gouverneur au Mali, illustrant un héritage familial marqué par l’engagement dans le bien commun.

Le basket comme porte d’entrée dans la vie politique de Saint-Denis

Bally Bagayoko est passionné de basketball depuis l’enfance. Il joue d’abord au niveau départemental, puis régional, avant d’atteindre le niveau semi-professionnel. Il obtient le diplôme d’État d’entraîneur et prend la direction du club Saint-Denis Union Sport, qu’il fait progresser du niveau départemental à la Nationale 3 en moins de cinq ans. C’est par ce biais que Patrick Braouezec, alors maire communiste de la ville, le remarque et l’approche en 2001 pour intégrer son équipe municipale.

Élu adjoint au maire, il prend en charge les délégations au sport, aux grands événements, à l’emploi et à l’intégration sociale. En mars 2008, il est élu conseiller général du canton de Saint-Denis Nord-Est, sans jamais adhérer au Parti communiste français mais en se présentant sous son étiquette. Il exerce ensuite comme vice-président du conseil départemental, d’abord chargé des services urbains, puis de l’enfance et de l’aménagement numérique. Quatre ans plus tard, son ralliement au Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon confirme une orientation politique qui le place résolument à gauche du paysage partisant.

Aux départementales de 2015, il perd son mandat. Aux municipales de 2020, il conduit la liste LFI à Saint-Denis et obtient environ 18 % des voix, insuffisant pour l’emporter.

Premier tour, 50,77 % : un résultat historique

Le 15 mars 2026, sa liste Ensemble retrouvons l’espoir, construite autour de LFI avec le PCF local et le collectif Seine-Saint-Denis au Cœur, remporte la mairie de Saint-Denis dès le premier tour avec 50,77 % des suffrages. Mathieu Hanotin, maire sortant, obtient 32,70 %. Le résultat fait de Bally Bagayoko le premier maire de La France insoumise d’une ville dépassant les 100 000 habitants en France. Avec environ 150 000 habitants, Saint-Denis se classe juste derrière Paris parmi les villes d’Île-de-France. Son installation officielle à la mairie intervient le 21 mars 2026.

Il qualifie le résultat de victoire contre “six ans d’un mandat sécuritaire au service de la gentrification”. Dès les jours suivants, une campagne de désinformation cible son discours de victoire sur la place : un extrait tronqué de son intervention circule en ligne, dans lequel des commentateurs d’extrême droite affirment qu’il aurait prononcé “la ville des Noirs” plutôt que “la ville des rois et du peuple”. Il porte plainte.

By Thomas Lefebvre

10 ans au Figaro et France Info. Spécialiste des personnalités politiques et médiatiques. Expert en fact-checking et investigation. Contacts privilégiés Élysée, médias nationaux et européens.

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