
Anne-Sophie Alsif n’a jamais évoqué publiquement ses origines familiales. Née le 11 septembre 1984 à Meaux en Seine-et-Marne, elle a construit une carrière d’économiste reconnue entre service public et secteur privé sans jamais faire de son histoire personnelle un sujet d’interview. Cheffe économiste associée chez BDO France depuis 2021, professeure à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre du Cercle des Économistes, elle est aujourd’hui l’une des économistes françaises les plus sollicitées par les médias audiovisuels pour décrypter la conjoncture.
Une formation entre Sciences Po Paris, Columbia et l’EHESS
Anne-Sophie Alsif intègre Sciences Po Paris au début des années 2000. Elle poursuit à Columbia University à New York, puis obtient un master en économie internationale à l’Université Paris Dauphine. Sa thèse de doctorat, obtenue à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales en 2013, porte sur la politique brésilienne de coopération avec les pays du Sud sous la présidence de Luiz Inácio Lula da Silva et sur la manière dont cette stratégie a diversifié les flux d’investissements directs étrangers vers l’Amérique latine. Sa première communication internationale remonte à 2010 lors du colloque Ceisal, portant sur le Brésil et les biocarburants. Ce parcours académique de dix ans entre institutions françaises et américaines pose les bases d’une expertise en économie internationale et politiques publiques.
Un passage par le ministère des Affaires étrangères et les think tanks
Elle débute sa carrière en 2010 chez Convictions Asset Management, société de gestion spécialisée en allocation d’actifs. En 2013, elle rejoint le ministère des Affaires étrangères à la Direction Entreprises et Économie Internationale, puis devient conseillère ministérielle auprès du Secrétaire d’État aux Affaires Européennes, en charge des questions économiques, financières et commerciales. Ce poste la conduit directement aux tables de négociation sur l’intégration européenne.
Entre 2017 et 2019, elle travaille à France Stratégie, think tank rattaché aux services du Premier ministre, puis à La Fabrique de l’Industrie auprès de Louis Gallois. C’est au cours de cette période qu’elle cosigne plusieurs publications de référence, notamment les synthèses sur la création de valeur en France et sur l’industrie du futur en Italie. Son arrivée chez BDO France en janvier 2020 s’effectue au poste de directrice économique, avant qu’elle ne prenne la direction de la fonction de cheffe économiste associée l’année suivante.
Des publications confirmées et des prises de position tranchées
Son livre le plus cité, La France est-elle exposée au risque protectionniste ?, est publié en octobre 2019 aux Presses des Mines, coécrit avec V. Charlet et C. Lesniak. L’ouvrage analyse la vulnérabilité de l’économie française face aux tensions commerciales mondiales et démontre que l’intégration dans le marché européen offre une protection relative contre les chocs extérieurs. Il nourrit plusieurs de ses interventions ultérieures, notamment sur les tensions sino-américaines et leurs effets sur les chaînes de valeur mondiales. Elle publie dès 2013 dans L’ENA hors les murs un article sur les délocalisations en Europe, signe précoce d’un intérêt constant pour les questions de souveraineté industrielle.
Elle publie également dans Forbes France, les Cahiers français, l’OFCE et L’ENA hors les murs. En mai 2025, elle signe dans Forbes un article intitulé “Faut-il taxer les voitures électriques chinoises ?”, révélateur de ses sujets de prédilection. En septembre 2025, interrogée sur Boursorama Ecorama, elle déclare : “Aujourd’hui, c’est la crise politique qui crée les difficultés économiques en France.” Sur le budget 2026, elle alertait sur des hypothèses de croissance jugées trop optimistes dans les projections gouvernementales. En mai 2026, elle intervient sur France Info pour nuancer l’hypothèse d’une récession, parlant plutôt d’un “ralentissement de la croissance”.
En juin 2026, elle est intervenue lors de la Nuit de l’Éco du Tarn à Albi, organisée autour des enjeux de protectionnisme, de réindustrialisation et de souveraineté économique pour les entreprises françaises. Elle participe aux Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence et enseigne la macroéconomie, les finances publiques et le commerce international à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Sur ses origines géographiques ou familiales, aucune source ne fournit d’information. La seule certitude documentée est sa naissance à Meaux, ville de Seine-et-Marne qu’elle ne mentionne pas dans ses biographies professionnelles.
