
Maire socialiste de Saint-Ouen-sur-Seine depuis juillet 2020, Karim Bouamrane est né le 21 février 1973 à Clichy de parents marocains immigrés en France. Son père Allal, ouvrier du bâtiment venu du Maroc en 1969, et sa mère Sadia, femme au foyer, s’installent à Saint-Ouen avant la naissance de leur fils. Enfance dans la cité Cordon, école en réseau d’éducation prioritaire, engagement politique à 15 ans. Parcours du Parti communiste au Parti socialiste, carrière en cybersécurité, mairie décrochée en 2020. Consacré par la presse internationale et la Légion d’honneur en 2024. Il ouvre chaque discours public par : “Je m’appelle Karim Bouamrane, fils de Sadia et Allal Bouamrane.”
Parents marocains arrivés en 1969 : Allal le maçon et Sadia
Karim Bouamrane grandit dans la cité Cordon à Saint-Ouen, dans un modeste appartement avec son frère, sa sœur, son père maçon et sa mère femme au foyer. Les parents arrivent du Maroc en 1969. Son père est décrit dans la presse internationale comme “un immigré marocain illettré venu à Paris pour travailler sur des chantiers de construction afin de soutenir ses frères et sœurs restés au pays.”
“Mon père était ouvrier dans le bâtiment, il m’a transmis les valeurs de travail, solidarité et d’humilité”, a-t-il déclaré. Le 4 juillet 2020, lors du premier conseil municipal, il choisit ses mots avec soin : “Je m’appelle Karim Bouamrane, fils de Sadia et Allal Bouamrane, et je suis le nouveau maire de Saint-Ouen.” En une phrase, il rend hommage à ses parents et à tous les immigrés venus confier leur destin à la France.
Né à Clichy le 21 février 1973, enfance à Saint-Ouen
Karim Bouamrane naît le 21 février 1973 à Clichy. La famille s’établit à Saint-Ouen dans ce quartier de Seine-Saint-Denis qui restera son territoire de toute une vie. Sa scolarité se déroule à l’école primaire Anatole France, établissement relevant d’un réseau d’éducation prioritaire. “Je suis né d’un père ouvrier marocain qui a cru en la France”, répète-t-il volontiers.
Après une maîtrise en économie et en droit européen, il occupe un poste de direction dans une société de cybersécurité au début de l’Internet. Cette expérience lui permet de voyager aux États-Unis, où il perfectionne son anglais. Il parle couramment le français, l’anglais et le portugais.
Engagement politique à 15 ans : des sandinistes à Nelson Mandela
“J’avais 15 ans lorsque j’ai commencé à participer à mes premières manifestations. Je suis descendu dans la rue pour soutenir les sandinistes au Nicaragua, puis pour demander la libération de Nelson Mandela.” Conscience politique précoce, nourrie par un contexte familial d’immigrés sensibles aux injustices du monde.
En 1995, il est élu pour la première fois au conseil municipal de Saint-Ouen, à 22 ans, sous étiquette communiste. Il sera adjoint aux sports, au développement économique. Il “a hérité de ses parents la passion” pour la politique. Le passage au Parti socialiste intervient en 2009, puis en 2014, avant qu’il ne devienne porte-parole national du PS en décembre 2016.
Cybersécurité, Silicon Valley et retour à Saint-Ouen
Après sa maîtrise en économie et droit européen, il travaille dans le secteur de la cybersécurité en Silicon Valley avant de rentrer en France pour devenir maire en 2020. Ce double parcours, élu local et chef d’entreprise dans le numérique, forge une personnalité atypique. L’expérience internationale nourrit une vision pragmatique du développement urbain, loin du discours idéologique classique de la gauche.
Maire de Saint-Ouen depuis 2020 : JO de Paris et reconnaissance internationale
Élu maire le 4 juillet 2020, Karim Bouamrane fait de Saint-Ouen un laboratoire politique résumé dans l’acronyme SAFE : Sûre, Apaisée, Fraternelle et Écologique. La ville accueille le village olympique des JO de Paris 2024, notamment les délégations brésiliennes.
En avril 2024, un grand quotidien américain lui consacre un portrait en première page, titrant qu’avant même le coup d’envoi des Jeux, ce maire français avait déjà remporté la mise. En juillet 2024, il reçoit la Légion d’honneur pour vingt-trois ans de services. La presse allemande le surnomme “Obama von der Seine” : “Il a grandi à Saint-Ouen, est parti à la découverte du monde et a travaillé dans la cybersécurité. À son retour, il s’est impliqué en politique locale.”
Affaire Master Poulet 2026 : polémique nationale
Avril 2026 : l’ouverture d’une enseigne de restauration rapide halal à Saint-Ouen déclenche un bras de fer judiciaire. Le maire reproche une installation sans autorisation, des nuisances et la promotion de “la malbouffe.” Des blocs de béton sont installés le 14 avril autour du commerce. Le tribunal administratif de Montreuil ordonne leur retrait le 18 avril, jugeant la mesure “manifestement illégale.” Des pots de fleurs malodorants sont ensuite disposés autour de l’établissement.
L’affaire dépasse un million de vues sur les réseaux sociaux et attire même la presse économique internationale. Certains élus dénoncent une démarche de gentrification, d’autres une défense des riverains. La polémique révèle les tensions des villes populaires en mutation rapide entre rénovation urbaine et tissu social existant.
Ambitions 2027 : “La France forte et humaine”
Son nom s’invite régulièrement dans les spéculations sur la présidentielle de 2027 depuis l’automne 2024. Il lance en octobre 2024 son mouvement La France forte et humaine, s’affichant comme alternative à Jean-Luc Mélenchon au sein de la gauche. Des figures politiques et économiques influentes le soutiennent en privé, voyant en lui un profil capable d’aller jusqu’à l’Élysée.
Marié et père de trois enfants, il reste ancré dans son territoire tout en portant une ambition nationale assumée. Fils d’un ouvrier marocain illettré devenu figure incontournable de la gauche française : la trajectoire Bouamrane illustre une méritocratie républicaine revendiquée sans jamais renier ses origines.
