Kevin Aymoz, capitaine des Bleus à Milan 2026 : ce que l’on sait de ses parents et de l’enfance qui a tout décidé

Kevin Aymoz parents , Patineur artistique français

Aucun nom, aucune profession, aucun visage : les parents de Kevin Aymoz n’ont jamais fait l’objet d’une communication publique. Le patineur artistique français, né le 1er août 1997 à Échirolles en Isère, a grandi dans la région de Jarrie, à une dizaine de kilomètres de Grenoble. Ce qui est documenté suffit à comprendre comment un fils de passionnés de hockey sur glace est devenu l’une des figures les plus singulières du patinage artistique français.

Une famille qui a tout accepté dès le premier mot

Les parents de Kevin Aymoz sont des amateurs de hockey sur glace, discipline qui occupe une place historique à Grenoble depuis les Jeux Olympiques de 1968. C’est dans ce contexte qu’ils inscrivent leur fils au hockey lorsqu’il demande, enfant, à faire de la patinoire. Les entraîneurs comprennent rapidement que ce sport ne correspond pas au garçon. Kevin observe alors les patineurs artistiques évoluer sur la glace voisine et demande à rejoindre leur discipline. Ses parents acceptent et l’inscrivent en 2003, alors qu’il a cinq ans.

Cette décision prise sans résistance dans un environnement où le patinage artistique reste perçu comme peu masculin s’avère fondatrice. Formé à la patinoire Polesud de Grenoble, Kevin Aymoz développe très tôt ce qu’il décrit lui-même comme une volonté d’extérioriser son tempérament artistique par la glace, nourri par la musique, le cinéma et la littérature.

Un palmarès construit dans l’adversité

Kevin Aymoz remporte son premier titre national en décembre 2016, devenant champion de France senior à seulement 19 ans. Il enchaîne ensuite les sacres en 2019, 2020, 2021, 2022, 2025 et 2026, pour un total de sept titres nationaux. Sa saison 2019-2020 reste l’une de ses plus abouties : il décroche la médaille de bronze à la Finale du Grand Prix ISU à Turin, devenant le premier Français à atteindre ce podium depuis Brian Joubert en 2006. L’exploit survient dans des conditions inhabituelles : la musique d’un concurrent est diffusée par erreur lors de son passage, mais il poursuit sans perdre ses repères.

La trajectoire n’a pourtant rien de linéaire. Aux Championnats d’Europe 2020, ses trois passages de saut échouent lors du programme court, le reléguant à la 26e place dans ce qui devient l’un des moments les plus difficiles de sa carrière. Aux Jeux Olympiques de Pékin en 2022, il termine 12e, résultat frustrant qui l’amène à se demander s’il souhaite continuer jusqu’aux Jeux suivants. Il choisit de persévérer, repense son entraînement en profondeur et part travailler avec les entraîneurs Silvia Fontana et John Zimmerman. La saison 2022-2023 marque son retour au premier plan avec une quatrième place aux Championnats du monde à Saitama, meilleur résultat français depuis plus de dix ans.

Milan 2026 : capitaine malgré les épreuves

Les semaines précédant les Jeux Olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026 sont difficiles. Aux Championnats d’Europe, trois chutes et une 27e place inhabituelle laissent des traces. Un problème au pied gauche, celui qui encaisse l’impact à l’appel, l’empêche de réaliser normalement ses quadruples sauts. Quatre heures d’examens médicaux et deux semaines de travail lui permettent de retrouver de la stabilité. Avant les épreuves, il déclare à Olympics.com ne plus être là seulement pour patiner, mais pour performer, et que tant qu’il repart de la glace sans regret, il se considérera gagnant.

Le 7 février 2026, capitaine de l’équipe de France pour l’épreuve par équipes, il entre en piste dans une Milano Ice Skating Arena sous tension, les Bleus devant intégrer le top 5 pour se qualifier. Il obtient 88,05 points, mais la France termine sixième avec 24 points, éliminée à un seul point de la Géorgie. Après son passage, il confie à Olympics.com ne pas avoir lâché sous la pression, ajoutant que l’ambiance du public et de l’équipe avait été remarquable.

En individuel, il se ressaisit. Avec 92,64 points au programme court sur Judas de Lady Gaga, il prend la 7e place provisoire, à moins de dix points du podium. Il termine finalement 11e au classement général. La saison s’achève en mars 2026 aux Championnats du monde à Prague, où il réalise une remontée pour terminer 7e avec 281,04 points, sa meilleure note de la saison.

Le coming out qui a changé le sport français

Le 20 juin 2021, Kevin Aymoz révèle publiquement son homosexualité dans le documentaire Canal+ intitulé “Faut qu’on parle”, aux côtés de cinq autres athlètes de haut niveau. Dans ce documentaire, il raconte une adolescence marquée par un mal-être quotidien lié à sa sexualité, déscolarisé à deux reprises, et un soutien décisif trouvé auprès de son entraîneuse. Il confie avoir redouté une vague de rejet après la diffusion, avant de recevoir selon ses propres mots 100 % de retours positifs.

Depuis, il se décrit comme plus libre sur la glace. Nommé membre de la Commission des Athlètes de Haut Niveau au CNOSF, il s’engage contre les discriminations dans le sport de haut niveau, participant à des forums et rencontrant des représentants gouvernementaux pour défendre des mesures concrètes.

Ses parents, qui ont dit oui à sa première demande de patinoire à cinq ans, n’apparaissent toujours pas dans l’espace public. Mais leur ouverture d’esprit initiale irrigue toute une trajectoire.

By Antoine Roussel

18 ans de journalisme sportif à L'Équipe et RMC Sport. Spécialiste football français et tennis international. Correspondant officiel Roland-Garros depuis 2015. Expert des transferts et vie privée des sportifs de haut niveau.

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