Ferghane Azihari, fils d’immigrés comoriens devenu essayiste libéral : “L’islam contre la modernité” au coeur du débat français

Ferghane Azihari, essayiste et analyste en politique publique français

Ferghane Azihari est né le 16 octobre 1993 à Paris, de parents originaires de l’archipel des Comores. Ses origines comoriennes sont au centre de son identité publique et de sa méthode intellectuelle. Son père et sa mère ont quitté l’archipel pour la France dans les années 1970, fuyant à la fois la pauvreté matérielle et des conditions environnementales dégradées malgré l’absence d’industrialisation. Son grand-père exerçait comme cadi aux Comores, c’est-à-dire juge appliquant le droit islamique dans les litiges civils et familiaux. Essayiste, analyste en politiques publiques et chroniqueur au Figaro Magazine, il est l’une des figures intellectuelles les plus débattues de la France de 2026.

Des Comores à Paris : un héritage familial qui structure sa pensée

Les Comores constituent un archipel de l’océan Indien, situé entre Madagascar et le Mozambique, devenu indépendant de la France en 1975. Ses parents font partie de la vague migratoire comorienne des années 1970. Dans une interview d’octobre 2021, Ferghane Azihari explique que leur départ n’était pas uniquement motivé par la recherche de meilleures conditions économiques. Ils cherchaient aussi à échapper à une pollution environnementale réelle, malgré l’absence d’usines, un paradoxe que l’essayiste mobilise régulièrement pour critiquer les écologistes qui associent systématiquement pollution et industrie.

Son grand-père, cadi aux Comores, incarnait un islam traditionnel et institutionnalisé. Ferghane Azihari décrit cet héritage comme une culture musulmane tranquille, dans laquelle il a grandi avant de s’en éloigner intellectuellement pour se définir comme libre-penseur. Il ne cache ni cette rupture ni la douleur qu’elle a causée dans sa famille, évoquant publiquement l’inquiétude que son travail critique a suscitée parmi ses proches.

Une formation universitaire entre droit et sciences politiques

Ferghane Azihari étudie le droit et les sciences politiques à l’université Paris-Est Créteil entre 2013 et 2016. Durant cette période, il s’engage auprès des Jeunes Européens Fédéralistes et publie plus de quatre-vingts articles dans la revue Le Taurillon. Il s’éloigne progressivement de l’euro-fédéralisme pour se tourner vers un libéralisme économique et philosophique plus affirmé. Il rejoint les réseaux European Students for Liberty et Young Voices, deux organisations libérales actives en France et en Europe.

Il devient chargé d’études pour l’Institut de recherches économiques et fiscales, puis pour l’Institut économique Molinari. Depuis 2019, il est délégué général de l’Académie libre des sciences humaines. Il intervient régulièrement sur France Info TV, publie dans Le Figaro, Le Point et Marianne, et collabore avec des think tanks libéraux français et américains.

Les écologistes contre la modernité, puis L’islam contre la modernité

Son premier essai, Les écologistes contre la modernité, paraît en 2021 aux éditions La Cité. Il y critique l’écologie radicale et plaide pour une approche du développement fondée sur le progrès scientifique et technologique. L’ouvrage lui vaut le Prix Turgot du Jeune Talent en 2022. Son expérience familiale, notamment le fait que ses parents aient fui des conditions environnementales difficiles dans un pays sans industrie, nourrit directement sa thèse.

En janvier 2026, il publie L’islam contre la modernité, toujours aux Presses de la Cité. L’essai propose une relecture critique de la civilisation islamique, défendant l’idée que la distinction entre islam et islamisme constitue un artifice sémantique qui masque une incompatibilité structurelle entre les textes fondateurs de l’islam et les valeurs de la modernité occidentale. Il prône ce qu’il appelle une apostasie de masse, en citant l’exemple des mouvements iraniens. La publication provoque des réactions vives et contrastées dans la presse française. En avril 2026, il y répond publiquement en réfutant les accusations d’essentialisme : son appel à l’émancipation critique serait, selon lui, l’inverse d’une réduction de l’islam à une identité figée.

Le 5 juin 2026, il est invité à présenter son essai lors d’une conférence au Cercle Royal Gaulois à Bruxelles, signe d’une audience qui dépasse désormais les frontières françaises.

Une position intellectuelle qui divise

Ses propos sur la colonisation en avril 2021, affirmant qu’elle a aussi mis fin à certaines oppressions séculaires en Algérie, avaient alimenté une première controverse. Ses positions sur l’islam radicalisent ce débat depuis 2026. Dans le paysage intellectuel français, il occupe une position difficile à assigner : libéral économique, critique de l’islam et de l’écologie radicale, issu d’une famille d’immigration et de tradition musulmane. Ses adversaires lui reprochent de légitimer des discours islamophobes sous couvert d’héritage personnel. Ses partisans voient en lui un intellectuel émancipé refusant les assignations communautaires.

Ses origines comoriennes et son grand-père cadi restent les deux données biographiques qu’il cite le plus souvent pour ancrer sa réflexion dans une expérience vécue plutôt que dans une posture idéologique abstraite.

By Thomas Lefebvre

10 ans au Figaro et France Info. Spécialiste des personnalités politiques et médiatiques. Expert en fact-checking et investigation. Contacts privilégiés Élysée, médias nationaux et européens.

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