
Caroline Yadan Pesah ne s’est jamais exprimée sur sa situation sentimentale. Ni son profil à l’Assemblée nationale, ni sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, ni aucune interview ne mentionnent un mari, un époux ou un conjoint. Née le 14 août 1968 à Boulogne-Billancourt et mère de trois enfants aujourd’hui adultes, elle n’expose ni sa vie familiale ni sa vie sentimentale, concentrant toute sa communication sur son action parlementaire et ses engagements professionnels. En 2026, la loi qui porte son nom est au cœur d’un débat national sur les limites de la liberté d’expression, et son couple, lui, reste entièrement hors champ.
Trois enfants, une vie familiale préservée
Caroline Yadan est mère de trois enfants, tous vingtenaires. Elle en parle comme de “grands enfants”, sans jamais livrer leurs prénoms, leurs parcours ou le moindre détail sur leur père. Son ancrage à Montmartre, dans le quartier Lamarck-Caulaincourt, remonte à de nombreuses années. C’est là qu’elle a scolarisé ses enfants et qu’elle a commencé à militer comme parent d’élèves avant de rejoindre la politique. Son investissement dans un collectif de locataires menacés d’expulsion dans son quartier témoigne de cet enracinement territorial qui a précédé son engagement partisan.
Issue d’une famille juive française aux origines tunisiennes et polonaises, elle porte un héritage familial qui traverse directement son travail parlementaire. Elle est inscrite au barreau de Paris depuis 1993, spécialisée en droit de la famille, du divorce et de l’immobilier. Elle a enseigné à l’Université Paris III et formé des avocats à l’École de Formation des Barreaux. En juin 2024, elle crée la SELARL Yadan et Benghozi avocats, au 222 boulevard Saint-Germain.
De suppléante de Guerini à députée des Français de l’étranger
Caroline Yadan n’appartient à aucun parti avant 2017. L’élection d’Emmanuel Macron et la création d’En Marche transforment sa perception de l’engagement politique. Elle devient adhérente de la première heure et s’investit dans les comités du 18e arrondissement. C’est Stanislas Guerini qui la retient comme suppléante pour la 3e circonscription de Paris lors des législatives de 2022. Elle le remplace à l’Assemblée de juillet 2022 à juin 2024, période pendant laquelle elle siège à la commission des affaires étrangères et à la commission des lois.
Après la dissolution de juin 2024, elle se présente dans la 8e circonscription des Français établis hors de France, une circonscription qui comprend notamment Israël, l’Italie et d’autres pays d’Europe du Sud. Elle est élue le 7 juillet 2024 avec 52,70 % des voix, succédant à Meyer Habib. Elle est secrétaire générale du groupe d’amitié France-Israël et vice-présidente du groupe d’études sur l’antisémitisme.
La loi Yadan : 700 000 pétitionnaires et un retrait controversé
Le 19 novembre 2024, Caroline Yadan dépose la proposition de loi numéro 575, intitulée “visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme”. Le texte vise à rendre punissables la contestation de l’existence d’un État reconnu par la France et certains usages du slogan “From the river to the sea” associés à des représentations cartographiques effaçant Israël. Cosignée par une centaine de députés, dont l’ancien président François Hollande, elle est examinée en commission des lois le 20 janvier 2026.
Le 15 avril 2026, la commission des lois classe une pétition contre ce texte qui avait recueilli plus de 700 000 signatures. Le lendemain, 16 avril, le groupe Ensemble pour la République retire la proposition de loi de l’ordre du jour face à l’obstruction de La France Insoumise. Caroline Yadan salue immédiatement ce retrait comme une “victoire” : le gouvernement s’est engagé à déposer un projet de loi gouvernemental reprenant l’intégralité des dispositions de sa proposition, avec une présentation en Conseil des ministres annoncée pour la semaine du 22 juin 2026 et un parcours législatif débutant par la chambre haute.
Sur sa vie de couple, l’agenda parlementaire n’a rien changé. Caroline Yadan reste aussi discrète sur ce sujet en 2026 qu’elle l’était en 2022 lorsqu’elle entrait pour la première fois à l’Assemblée.
