
Joueuse de tennis française née le 1er septembre 2002 à Nice, Diane Parry s’est qualifiée le 30 mai 2026 pour les huitièmes de finale de Roland-Garros pour la première fois de sa carrière en Grand Chelem, après avoir battu l’Américaine Amanda Anisimova, sixième mondiale (6-3, 4-6, 7-6). Formée au Tennis Club de Boulogne-Billancourt dès 5 ans, championne du monde junior 2019, elle partage sa vie avec le tennisman Harold Mayot, lui aussi ancien numéro 1 mondial junior. Ses parents Joël et Françoise jouent un rôle fondateur dans sa carrière. Portrait d’une joueuse de 23 ans portée par sa famille et un Roland-Garros magique.
Ses parents : Joël, père de terrain, et Françoise, pilier discret
Diane Parry est la quatrième d’une fratrie de cinq enfants : trois grands frères dont Kevin et Steven, ainsi qu’une petite sœur Alyssia. Son père Joël pratique le tennis le week-end, ses frères sont tous licenciés. C’est en les regardant jouer que la petite Diane saisit une raquette vers quatre ans et demi.
Sa mère Françoise tient un rôle central dans les premières années. C’est elle qui raconte l’enfance d’une enfant débordant d’énergie, escaladant les toits de la cour d’école maternelle. “Elle avait besoin de se dépenser et le tennis est arrivé un peu comme une évidence.” Pendant les vacances, elle la dépose le matin au TCBB et Diane passe la journée entière à jouer.
Les parents fixent un cadre protecteur sans jamais être intrusifs. Françoise refuse tout casting avant le baccalauréat pour préserver sa fille de l’échec prématuré.
Après l’exploit de 2022, Joël Parry réagit devant les caméras : “Elle a fait un match énorme. Elle était au fond du trou au départ par crispation. Elle a su se relever. C’est un match plein. Je ne suis pas quelqu’un qui s’enflamme facilement donc si je dis énorme c’est que c’était énorme.” Il ajoute : “Je pense qu’elle est effectivement pas consciente de ce qu’elle est capable de faire. Quand elle est relâchée, elle peut battre à peu près n’importe qui.”
Boulogne-Billancourt, Roland-Garros à trottinette
Née à Nice, Diane Parry grandit à Boulogne-Billancourt. Sa scolarité se déroule à l’école Dupanloup, juste en face du stade Roland-Garros, puis au collège Jean-de-la-Fontaine dans une classe à horaires aménagés. À 14 ans, elle intègre le Centre national d’entraînement au 4 boulevard Molitor, de l’autre côté de la rue. Domiciliée chez ses parents près de la Porte de Saint-Cloud, elle rejoint quotidiennement le CNE et le stade à trottinette électrique. Forte en mathématiques, elle prépare son baccalauréat par correspondance tout en enchaînant les tournois internationaux.
Championne du monde junior 2019
Les résultats juniors de Diane Parry comptent parmi les plus impressionnants du tennis français. En 2018, elle remporte le Trophée Juan Carlos Ferrero en Espagne et la Yucatán Cup au Mexique. En 2019, elle atteint les demi-finales à Wimbledon, décroche le titre à l’Osaka Mayor’s Cup puis les Masters de Chengdu. Le 21 octobre 2019, elle devient numéro 1 mondiale junior et championne du monde junior 2019, succédant à Clara Burel.
Son revers à une main, adopté à douze ans à la place du revers à deux mains parce qu’il lui semblait plus naturel, la distingue immédiatement sur le circuit. Un choix qu’elle impose à son entourage, révélateur d’un caractère affirmé dès l’adolescence. Elle est souvent comparée à Amélie Mauresmo pour ce geste technique.
Carrière professionnelle : de 2022 aux huitièmes de 2026
Le tournant de sa carrière intervient en mai 2022 : elle bat Barbora Krejcikova, numéro 2 mondiale et tenante du titre, en remontant d’un set et d’un double break de retard (1-6, 6-2, 6-3). Elle atteint ensuite la 48e place mondiale en octobre 2024.
Le 30 mai 2026, elle franchit un nouveau palier en battant Amanda Anisimova, sixième mondiale, au troisième tour de Roland-Garros (6-3, 4-6, 7-6 en 2h44 sur le court Philippe-Chatrier). Premier huitième de finale en Grand Chelem de sa carrière. “Je suis extrêmement heureuse. Vidée un petit peu, mais je suis tellement heureuse d’avoir pu vivre ce match dans cette ambiance-là”, déclare-t-elle à l’issue. Elle affrontera la Polonaise Maja Chwalinska pour une place en quarts de finale.
Harold Mayot : compagnon de vie et rival de génération
Harold Mayot, né à Metz le 2 novembre 2001, est le compagnon de Diane Parry depuis plusieurs années. Lui aussi ancien numéro 1 mondial junior, sacré à l’Open d’Australie juniors en 2020, il représente la même génération prometteuse qui peine encore à confirmer pleinement chez les professionnels.
Les deux tennisman partagent non seulement une vie sentimentale mais aussi une complicité sur les courts. Ils disputent ensemble le double mixte à Roland-Garros, s’arrêtant au deuxième tour en 2025. En qualifications du Masters 1000 de Madrid en avril 2025, Diane valide son ticket dans le tableau principal avant de foncer vers le court voisin pour soutenir Harold en train de conclure son match. Le geste ne plaît pas tout à fait à son compagnon : “Ce n’est pas forcément un truc que j’aime quand elle vient comme ça au dernier jeu, c’est stressant quand la box change, mais on en parlera ensemble”, sourit-il après sa victoire.
L’anecdote, relayée par la presse sportive, illustre la vie d’un couple de sportifs de haut niveau qui gère à la fois ambitions individuelles, calendrier chargé et vie commune. Harold Mayot a traversé une grave blessure au poignet nécessitant une opération, une longue traversée du désert physique et un changement d’entraîneur en 2025 après avoir rompu avec celui qui l’accompagnait depuis sept ans.
