
Igor Sahiri possède des racines algériennes par son grand-père paternel, originaire des montagnes de Sétif, dans le nord-est de l’Algérie. Ce dernier a émigré en France dans les années 1940. C’est en 2006, lors d’un déplacement professionnel en Algérie, que le journaliste évoque publiquement cette partie de son histoire, confiant son émotion à fouler pour la première fois cette terre. Formé à Grenoble, lancé à Marseille, installé à BFMTV depuis 2010, Igor Sahiri s’est imposé comme l’un des grands reporters les plus reconnus du paysage audiovisuel français.
Des racines algériennes revendiquées, une identité grenobloise construite
Le nom de famille Sahiri porte les traces d’un héritage nord-africain. Son grand-père paternel quitte les montagnes de Sétif pour la France dans les années 1940, période de l’histoire coloniale marquée par d’importants flux migratoires entre les deux rives de la Méditerranée. Igor Sahiri évoque rarement cette dimension familiale en public, mais il l’a fait lors de ce déplacement professionnel en Algérie pour La Chaîne Marseille, soulignant que cette visite avait une résonance personnelle particulière.
C’est à Grenoble que le journaliste se forme. Il obtient son diplôme et sa carte de presse professionnelle à l’École de journalisme de Grenoble en 2005, après des stages réalisés chez M6 et iTELE. Sa mère, Catherine Sahiri, était liée à la région iséroise. Elle décède en juillet 2015 à Izeaux, commune de l’Isère, quelques mois seulement après l’événement le plus marquant de la carrière de son fils.
Sa date et son lieu de naissance exacts n’ont jamais été officiellement confirmés. Certaines sources évoquent le 2 novembre 1982 à Marseille, information que le journaliste n’a ni confirmée ni démentie publiquement. Il maintient une discrétion totale sur sa vie personnelle, cohérente avec la posture d’un journaliste qui met sa carrière au premier plan.
De Marseille à BFMTV : une montée en puissance par étapes
En 2005, Igor Sahiri participe à la création de La Chaîne Marseille, chaîne locale qui lui permet pendant cinq ans d’alterner présentations de journaux du soir et reportages de terrain. C’est dans ce cadre qu’il développe son autonomie, réalisant ses sujets de manière complète : tournage, écriture, montage. Cette polyvalence constitue le socle de son identité journalistique.
En juin 2010, il rejoint BFMTV comme reporter et présentateur du journal des sports dans Weekend Première. Depuis septembre 2015, il co-anime Non-Stop Weekend les samedis et dimanches après-midi aux côtés de Céline Pitelet. Sa fonction de présentateur n’efface pas sa vocation de terrain. Il couvre régulièrement des événements internationaux, notamment en Syrie, en Israël, en Ukraine et aux États-Unis lors des campagnes électorales présidentielles américaines.
L’interview de Chérif Kouachi : un moment qui redéfinit une carrière
Le 9 janvier 2015, deux jours après les attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo, Chérif Kouachi et son frère Saïd sont traqués et retranchés dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële. C’est Igor Sahiri qui obtient une interview téléphonique de Chérif Kouachi en direct. La conversation est diffusée en partie par BFMTV, la chaîne ayant choisi de ne pas retransmettre les passages de revendication pour ne pas offrir de tribune au terroriste.
Face aux critiques sur la pertinence de cette diffusion, Igor Sahiri défend son travail en expliquant avoir exercé son métier face à une situation exceptionnelle. Cet épisode reste l’un des moments les plus discutés de l’histoire récente du journalisme télévisé français, et le point de référence systématique dans toute présentation du journaliste.
Il a également travaillé aux côtés de Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste de BFMTV tué en Ukraine en mai 2022 lors d’un reportage. Cette disparition l’a profondément marqué, comme il l’a exprimé publiquement dans les jours suivants.
Son parcours, des montagnes de Sétif à travers Grenoble et Marseille jusqu’aux plateaux de BFMTV, s’est construit à la croisée d’une identité franco-algérienne assumée et d’une formation journalistique rigoureuse. Ce sont ces deux dimensions ensemble qui ont façonné le reporter qu’il est aujourd’hui.
