Avocat de Rima Hassan, défenseur de Sherpa, doctorant : qui est vraiment Vincent Brengarth ?

Vincent Brengarth, avocat rima hassan

Aucune source d’autorité ne lui attribue de racines étrangères : Vincent Brengarth est français, et sa biographie publique se limite à son parcours professionnel. Il n’a jamais évoqué publiquement sa famille ni ses racines géographiques. Ce qui structure son identité publique est ailleurs : dans les prétoires, dans ses tribunes, dans une pratique du droit construite depuis 2015 autour de la défense des libertés fondamentales. Avocat associé au cabinet Bourdon et Associés dans le premier arrondissement de Paris, doctorant en droit à l’Université Paris-Sud, il est aujourd’hui l’un des pénalistes les plus présents dans les affaires qui opposent des individus à la puissance publique.

Une formation universitaire et un serment prêté en décembre 2015

Diplômé de l’Université Panthéon-Assas, Vincent Brengarth prête serment comme avocat le 2 décembre 2015. Dès sa prestation de serment, il rejoint la structure fondée par William Bourdon, figure reconnue de la défense des droits humains, et y accède au statut d’associé en juillet 2020. Parallèlement à son activité d’avocat, il poursuit un doctorat en droit à l’Université Paris-Sud, approfondissant une réflexion théorique sur les libertés publiques qu’il nourrit également par une production éditoriale régulière.

Droit pénal, droit public, droit de la presse : ce triptyque définit l’essentiel de son activité contentieuse. Il défend des particuliers, des associations, des syndicats et des journalistes dans des affaires touchant aux violences policières, au droit d’asile, à la liberté d’expression et à la lutte anticorruption. Son spectre est large : il a représenté des victimes de violences d’État, des personnes poursuivies pour délit de solidarité envers des exilés, des associations environnementales et des militants écologistes.

Les dossiers qui ont construit sa notoriété

Vincent Brengarth s’impose dans le paysage judiciaire par une série d’affaires à fort retentissement médiatique. Il défend Abdelhakim Sefrioui dans le procès de l’assassinat de Samuel Paty, dossier qui cristallise les débats sur la complicité morale dans les actes terroristes. Il représente l’association Sherpa dans les procédures anticorruption visant Nicolas Sarkozy, dont le volet sur le financement libyen présumé de sa campagne de 2007. Le 29 septembre 2025, il s’exprime publiquement sur ce dossier alors que le procès en appel se tient. Un verdict est attendu en novembre 2026.

Il est membre de l’association Anticor et plaide régulièrement pour la transparence de la vie publique. Il intervient également dans les affaires impliquant le logiciel espion Pegasus, au nom de parties civiles françaises.

En avril 2022, il signe avec le journaliste Jérôme Hourdeaux un essai paru chez Fayard intitulé Revendiquons le droit à la désobéissance, dans lequel les deux auteurs défendent la légitimité d’une résistance civile organisée face à la surveillance d’État. La même année, il cosigne avec William Bourdon Violences policières : le devoir de réagir dans la collection Tracts de Gallimard. Il rédige des tribunes régulières dans Le Monde, Libération et Politis, où il alerte notamment sur les risques liés à une criminalisation croissante de la contestation sociale.

L’affaire Rima Hassan et la bataille sur les fuites judiciaires

Le 2 avril 2026, l’eurodéputée LFI Rima Hassan est placée en garde à vue pour apologie du terrorisme, à la suite d’un tweet publié le 26 mars 2026 dans lequel elle mentionne Kōzō Okamoto, terroriste japonais responsable d’un attentat à l’aéroport de Tel-Aviv en 1972 ayant causé la mort de 26 personnes. Vincent Brengarth assure sa défense.

Le 3 avril 2026, arrivant avec sa cliente pour une nouvelle audition, il déclare publiquement demander à la procureure de Paris d’ouvrir une enquête préliminaire sur les fuites survenues la veille, qui avaient notamment révélé la présence de substances dans le sac de Rima Hassan lors de la garde à vue. Il qualifie ces fuites d’indignes et annonce des poursuites pour diffamation contre ceux qui propageraient de fausses informations. Il dénonce des violations répétées du secret de l’enquête et affirme avoir découvert certains éléments de l’audition par la presse avant d’en être informé par les autorités.

Rima Hassan doit être jugée le 7 juillet 2026 pour apologie du terrorisme dans cette affaire, avec deux audiences supplémentaires prévues en septembre 2026.

Un avocat de la génération post-Gilets jaunes

Vincent Brengarth appartient à une génération d’avocats qui ont fait du mouvement des Gilets jaunes, entre 2018 et 2020, un terrain d’engagement professionnel autant que citoyen. Il a traité de nombreux dossiers relevant des états d’urgence successifs et défendu des personnes poursuivies dans le cadre de manifestations.

Dans ses écrits, il dénonce un rétrécissement des droits individuels qu’il situe dans une tendance longue commencée selon lui en 1977, et regrette que le débat sur les libertés publiques soit marginalisé dans le champ politique traditionnel. Il considère que l’infraction d’apologie du terrorisme est détournée de son objet pour criminaliser des prises de position légitimes sur des conflits internationaux.

Sur ses origines familiales, rien n’est documenté. Son nom, son parcours, ses engagements : tout est français.

By Thomas Lefebvre

10 ans au Figaro et France Info. Spécialiste des personnalités politiques et médiatiques. Expert en fact-checking et investigation. Contacts privilégiés Élysée, médias nationaux et européens.

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