Julie Wolkenstein publie “Chimère” et ne dit toujours rien de Pierre, son mari dermatologue : portrait d’une romancière discrète

Julie Wolkenstein, Écrivaine française

Julie Wolkenstein est mariée à Pierre Wolkenstein, professeur de dermatologie et chef du service de dermatologie à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. Le couple a eu quatre enfants. L’écrivaine née le 2 juin 1968 à Paris n’a jamais communiqué publiquement sur sa vie familiale : pas d’interview commune, pas d’apparition publique, pas de mention dans ses prises de parole littéraires. Pierre Wolkenstein n’est identifié que par son activité médicale et académique, jamais dans le contexte de sa vie conjugale.

Pierre Wolkenstein, du service d’Henri-Mondor au décanat de Créteil

Né en 1963, Pierre Wolkenstein dirige le service de dermatologie de l’hôpital Henri-Mondor au sein de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris. Spécialiste des maladies rares de la peau, il est à la tête du Centre de référence des neurofibromatoses, pathologies génétiques complexes pour lesquelles son service constitue l’un des pôles d’expertise nationaux. En janvier 2025, il est élu doyen de la Faculté de Santé de l’Université Paris-Est Créteil, couronnant un parcours académique construit sur plusieurs décennies.

Julie Wolkenstein ne mentionne jamais son mari dans ses interviews. Qu’il s’agisse de ses entretiens sur France Culture pour Les Vacances, ou de ceux accordés à l’occasion de la parution de Chimère en janvier 2026, elle n’évoque que son travail d’écrivaine et ses références littéraires. Cette séparation stricte est cohérente depuis ses débuts en 1999.

Fille d’académicien, petite-fille d’industriel : une famille littéraire et bourgeoise

Julie Wolkenstein est née à Paris le 2 juin 1968. Elle est la fille de Bertrand Poirot-Delpech (1929-2006), membre de l’Académie française, et de Bénita Jordan. Par sa mère, elle est la petite-fille de l’industriel Maurice Jordan. Elle grandit dans un environnement où la littérature est une langue maternelle autant qu’une pratique professionnelle.

Après des études de lettres, elle consacre sa thèse de doctorat à Henry James, dont l’art du point de vue et les zones d’ombre continueront d’irriguer toute son œuvre romanesque. Ses cours de littérature comparée, qu’elle dispense à l’Université de Caen depuis plusieurs années, lui permettent de maintenir un lien permanent entre pratique universitaire et écriture romanesque. Depuis son enfance, elle passe ses vacances et séjourne régulièrement à Saint-Pair-sur-Mer dans la Manche, dans la propriété familiale acquise en 1973, maison qui devient le cœur de son imaginaire romanesque.

Une bibliographie construite dans la durée chez P.O.L

Son œuvre se déploie principalement chez P.O.L. Elle débute avec Juliette ou la Paresseuse en 1999, puis L’Heure anglaise (2000), Colloque sentimental (2001) qui reçoit le prix Ève-Delacroix en 2002, Happy End (2004) et L’Excuse (2008). En 2013, Adèle et moi marque un tournant : ce roman de 600 pages retrace la vie de son arrière-grand-mère, qui a construit la maison familiale normande, en mêlant archives réelles et imagination. Le Mystère du tapis d’Ardabil paraît en 2015.

Les Vacances, publié en 2017, lui vaut le prix des Deux Magots en 2018. Elle y mêle la figure de la Comtesse de Ségur, un film fantôme d’Éric Rohmer et un dispositif narratif inspiré des escape games. Elle est également l’auteure de deux traductions chez P.O.L : Gatsby de Francis Scott Fitzgerald et Ethan Frome d’Edith Wharton.

Chimère paraît le 2 janvier 2026. Roman choral où cinq femmes mènent l’enquête sur la mort d’un photographe et collectionneur, il mobilise des thèmes qui traversent toute son œuvre : la filiation, les zones d’ombre, les secrets de famille, la Toscane et la Normandie comme espaces de révélation. La critique salue un récit sombre et caustique sur les rapports entre hommes et femmes, écrit par une romancière au sommet de son art.

En 2014, elle cofonde avec l’historienne de l’art Camille Morineau l’association Aware, dédiée à la réhabilitation des artistes femmes dans l’histoire de l’art. Cet engagement prolonge les thématiques de son œuvre, qui place systématiquement des figures féminines au centre de la narration.

By Sophie Martineau

15 ans d'expérience dans le journalisme cinématographique. Ancienne critique pour Première Magazine et correspondante Festival de Cannes. Diplômée de l'École Supérieure de Journalisme de Paris. Spécialiste des interviews exclusives avec les stars internationales et françaises.

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