
Allan Brunon revendique des racines algériennes par ses grands-parents, qu’il décrit comme engagés dans la lutte pour la libération du peuple algérien. Ils se sont installés à Grenoble il y a 65 ans, dans le quartier de la Villeneuve. C’est dans ce même quartier qu’Allan Brunon a grandi, qu’il a découvert les arts martiaux et que son père a exercé comme délégué syndical dans une entreprise industrielle grenobloise. Né le 24 juin 1999 à Grenoble, il se nomme en réalité Allan Adel-Brunon. Il a 26 ans.
Un parcours scolaire entre Sciences Po Grenoble et le droit à Lyon
Allan Adel-Brunon fait ses études à Sciences Po Grenoble, puis à l’Université Jean Moulin Lyon 3, où il se spécialise en droit et en histoire. En parallèle, il pratique le MMA à un niveau compétitif, discipline qu’il quitte progressivement pour s’investir dans la politique. Il devient attaché parlementaire du député LFI Gabriel Amard, puis s’engage dans une formation pour le barreau, qu’il poursuit au moment de sa candidature aux municipales.
Ses origines algériennes sont au cœur de sa communication politique. Dans son discours du 20 septembre 2025 à la Villeneuve, il se dit honoré de conduire la liste LFI à Grenoble, et rappelle que sa famille s’est installée dans ce quartier il y a six décennies et demi après avoir pris part à la lutte anticoloniale. Dans son clip de campagne de décembre 2025, il revient sur ses souvenirs d’enfance place des Géants, espace central du quartier qui a façonné son engagement.
14,59 % au premier tour, puis un accord avec Laurence Ruffin
Allan Brunon conduit la liste LFI autonome Faire mieux pour Grenoble au premier tour des municipales du 15 mars 2026. Il obtient 14,59 % des suffrages, troisième derrière Alain Carignon à 27,04 % et Laurence Ruffin à 26,33 %. Le lendemain, il annonce lors d’un point presse un accord technique avec la candidate de la gauche sociale et écologiste, en vue de faire barrage à la droite au second tour. Laurence Ruffin confirme cet accord dans la foulée.
Le 22 mars 2026, Laurence Ruffin remporte le second tour. Grenoble reste à gauche. À l’issue du scrutin, Allan Brunon est élu conseiller municipal et prend la présidence du groupe LFI au conseil municipal, qui compte treize élus.
Des controverses qui marquent la campagne et l’après-élection
Le parcours de campagne d’Allan Brunon est traversé par plusieurs polémiques. En novembre 2025, une déclaration affirmant qu’il ne ferait pas la chasse aux dealers à Grenoble provoque un vif débat dans la presse locale. Quelques semaines plus tard, une vidéo le montre en confrontation tendue dans un commerce, faisant l’objet de larges couvertures médiatiques.
Après le second tour, une nouvelle vidéo le montre utilisant une insulte homophobe lors d’une altercation avec des partisans d’Alain Carignon. Il s’en excuse publiquement dans les jours suivants.
Sur le fond, son programme comprend la gratuité totale des cantines scolaires, la gratuité des transports publics à l’échelle métropolitaine et le rétablissement de services publics dans les quartiers populaires. Il se définit comme militant antiraciste et défenseur du droit à l’autodétermination des peuples, filiation directe avec l’histoire familiale qu’il revendique depuis le début de son engagement politique.
